MAI /JUIN 2019

Préambule

Elle va être longue, cette mise à jour ! Il faut dire que je n'avais pas emmené mon PC en voyage en France. Du coup, impossible de mettre le site à jour ! Et, au retour, j'étais beaucoup trop occupé pour me...préoccuper de m'enfermer avec le PC pour vous narrer la substantifique moelle de ces presque deux mois. 

J'ai vite décidé de m'y mettre dès que nous serions ENFIN repartis. C'est le cas. Nous sommes ENFIN repartis.

Oui, cela va être long. 

Pourtant, je vais essayer de ne pas délayer, d'être conçis, d'aller à l'essentiel ! Mais vous comprenez bien qu'après deux mois de silence, il va quand même y avoir deux ou trois trucs à raconter, à illustrer. 

Pas que des trucs chouettes, du reste, même si le chouette est ce qui restera, in fine : il y aura beaucoup de splendeur, des charettes d'amitié, des peurs,  pas mal de milles parcourus, de la joie, de l'enthousiasme, de la découverte, des manques, des énervements, des doutes et des regrets. 

Comme à mon habitude, je ne ferai pas forcément dans la dentelle. Je ne ferai pas semblant que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles; je ne prends pas pour Voltaire. 

Ca va être long. 

En conséquence, cela se fera en plusieurs fois. 

Et on va commencer, c'est évident,  ce MAI/JUIN, en AVRIL, sinon, ce ne serait pas "Le petit monde de Troll" ! 


Je suis très très heureux de vous retrouver enfin. 


Vol au-dessus d'un nid de fous-fous !

Le 26 avril, j'ai confié le "vieux Troll" à Françoise. J'ai effectué, auparavant les derniers travaux. 

J'ai tenté, assez vainement, mais je n'entrerai pas dans les détails, tellement ça m'a ch... pendant les 3 semaines suivantes, de résoudre des problèmes d'assurance pour le nouveau bateau. 

Il reste à ma pauvre petite femme, abandonnée par son homme, à ranger, trier, classer, faire du ménage, vider les coffes, nettoyer le plafond, le sol, les tiroirs, les coussins. Presque rien, en somme !

Tellement presque rien, qu'elle a fini avec une tendinite dans chaque bras !

De mon coté, j'ai pris l'avion vers Marseille. Les "adieux", à l'aéroport, avec mes deux gonzesses, étaient un poil déchirant. Déjà, j'avais du mal à me connecter sur la joie de ce qui allait se passer. 

le vol? Sans problème. Pourtant, je n'aime guère l'avion. J'étais crevé ! Des tas de trucs dans ma tête: des bateaux, des tas de trucs à finir, à commencer. Mais c'était un joli spectacle: ..et j'ai survolé ce monde que je comprends de moins en moins, un monde abimé chaque jour davantage par la déviance et la  folie des ultra-riches et la démission des peuples. Vol au-dessus d'un nid de fous fous ! 

Encore à terre

Accueilli avec bonheur par mes grands amis de Salernes, Laure et Francis, qui se sont tapé le chemin pour m'éviter bus et train ! 

Je vais passer une soirée délicieuse en leur compagnie et voir un joli coucher de soleil sur la route, annonciateur d'autres encore plus beaux ?

Dès le lendemain, Dimanche 28, ils m'emmenent chez les anciens proprios de notre catamaran, les adorables Dominique et Eric. 

Hélas, pas tout de suite dans new Troll, qui aurait être mis à l'eau le 23. Mais, vous connaissez le mistral et la Tramotane ! Ce ne sont pas toujours des vents gentils ! Au contraire, ils se plaisent souvent à contrarier les projets ! 

Je vais donc passer une nouvelle nuit à terre, chez eux, une nuit qui aurait pu être douce, si j'avais réussi à dormir ! 

Mais l'excitation de revoir, le lendemain, notre nouvelle embarcation, d'ouvrir incessament cette nouvelle page de notre vie maritime, m'a quasi interdit de me lover dans les bras de Morphée. Pourtant, j'en avais méchamment besoin 

Embarquons dans Troll, le cata !

Le 29, enfin, après un détour fructueux (à cet instant) chez l'assureur, grâce à la divine intervention  d'Eric, puis le parcours entre Le Beausset et Port Pin Rolland, me voici sur NOTRE bateau. 

Je prends livraison de notre nouvelle annexe, puis commence l'embarquement et le transferts des affaires des uns et des autres:

Dominique

Eric

Là, j'avoue que j'étais aux anges ! 

Porquerolles

Après avoir lâché quelques indispensables Roros chez le shipchandler local (nouvelle ancre DELTA 22 kg), nous voici bientôt en route pou:r Porquerolles, à la voile et au moteur, étape nécessaire avant d'aller à Hyères (port du Gapeau) Pour mettre le cata au sec et le bichonner avant le Grand Convoyage à venir la semaine prochaine. Là, je ne suis plus aux anges, mais au nirvana :

Le temps est beau, la houle présente mais bien maniable, le bateau glisse sur...ses coquillages, puisqu'il n'est pas encore caréné, les moteurs ronronnent, très discrets, sans une vibration (vivent les 3 cylindres VOLVO) . On atteint bien vite Porquerolles, et c'est le premier mouillage. Je profite de la belle lumière pour faire le tour de notre beau  cata. Oui, parce qu'il est BEAU ce cata ( même si, un monocoque, quoi qu'il arrive, restera, quand même, plus...euh...harmonieux, quoi!). 

Voici donc Troll sous tous les angles. Vous êtes instamment priés de vous extasier :

 Au fait, toutes les photos que vous regardez, sur cette période, ont été prises via mon téléphone portable. La qualité est donc..ce qu'elle est!

Tout comme le PC, je n'avais pas enmené mon Nikon ! Trop lourd, trop encombrant ! 

Le soir, Dominique et Eric ont tenu à m'inviter dans un bon restaurant, histoire de fêter dignement la transaction ! 

Je me détends enfin un peu, beaucoup, à un tel point que je m'apercevrai 3 jours plus tard, au Gapeau...que j'ai laissé ma sacoche avec TOUT dedans, dans ce chouette petit resto... J'y reviendrai brièvement (et non, le changement de monture n'a pas atomisé Super Connard!) 

Au sec !

On effectue la dizaine de milles entre Porquerolles et le Gapeau au moteur, car le vent est absent. 

Et bientôt, le voici sous la grue :

Oui, je sais, y'a mon gros doigt boudiné !
Il plane !
Il plane encore!
Il roule !

Quelques détails, avant de vous quitter pour aujourd'hui : 

Et voilà. 

La GRANDE MISE A JOUR est entamée. J'essaierai de vous en faire un bout tous les jours. 

Vous aurez constaté le petit changement cosmétique, lié aux couleurs de notre beau cata. 

On espère que cela vous plait ! A nous, oui. 

Et attendant la suite, voici notre nouveau logo, qui vous salue bien, pour retourner à l'accueil. 

Encore une fois, vraiment très très heureux de vous retrouver, chers Trollonautes !

Travaux

Comme je n'avais pas eu mon taf de bricolage depuis 6 semaines, à peine calé sur le ber, dont voici quelques clichés, 
A peine calé, le cata, donc, ça a recommencé : Karcher, antifouling, hélice, etc. Soyons juste, j'ai juste fait les hélices, mes hôtes refusant absolument que je participe au grattage et à la peinture ( loués soient ils, car ils ont bossé comme des malades pendant 5 jours!) IL faut dire qu'on a pris pas mal de retard à cause du vent. Je fais pas mal d'achats, drisses; bouts divers et variés, trucs et machins, tous plus onéreux les uns que les autres ! AH ben, dès que c'est maritime, c'est pour les riches, hein ! Pas de raison de se géner pour gonfler les marges ! C'est à cette occasion que je m'apercevrais que je n'ai pas de portefeuille, pas de sous, pas de carte de crédit...Et qu'après avoir fouillé le bateau, il faut se rendre à l'évidence : Ma sacoche est au restaurant à Porquerolles! Dominique m'emmène dons à la navette et je vais y perdre une bonne partie de l'aprés midi ! Comme si j'avais trop de temps ! Quel crétin ce Titi !  Si ca continue, ça va être juste-juste pour revenir à Port pin Rolland accueillir l'équipage du convoyage! 

Pour bricoler, me suis payé, avec les sous de ma sacoche retrouvée, la "valise de la mort qui tue", histoire d'avoir quand même des outils "au cas où", entre Toulon et Chalkoutsi :

100 balles chez bricotruc ! C'est tellement bien que j'ai abandonné plein d'outils sur le vieux Troll et que jem'en sers absolument tous les jours ! 

Allez, il est temps : 

 BIENVENUE à bord de TROLL, le cata :

Le cockpit :
La baie vitrée
Le carré
Cabine arrière bâbord
Cabine avant (avec toilettes et sdb privatives!)
Table à carte et rangements (bâbord)
Cabine arrière tribord (Enfin, l'atelier, quoi !)
Cuisine

C'est top, non ?

Premières visites

On est déjà le  2  mai, le temps passe à toute vitesse ! 
et, ce 2 mai, petite visite de nos amis Cathy et Marcus. 

Visiblement, ça leur plait ! 

 Et Marcus sera le skipper du bateau pendant notre convoyage, dans quelques jours, car lui seul a l'expérience du cate pour en avoir loué plusieurs fois, notamment aux Antilles. Il reviendra me voir toute une journée pour me donner un coupd e paluche, m'apporter de la peinture ( impossible de la payer! C'est Marcus!)  Il va aussi m'emmener manger un tratare à Hyères ! Un délice! 

Leur fils Florent, très au fait des bateaux va venir m'honorer d'une petite visite  également. Il va faire plein de compliments sur notre choix ! Ouf : validé, l'achat! 

Au fait, je ne sais plus si je vous ai dit que notre cata est un WILDCAT 350, de 2001, construit en bois époxy par le chantier MASTERCAT, de nationalité sud africaine. L'architecte s'appelle  Jeff Schionning. il construit toujours des bateaux : SCHIONNING DESIGNS

Notre fier destrier se distingue par son rapport Longueur/Largeur : 10.50 par 6.70 ! La largeur des 40 pieds d'aujourd'hui ! On est pas près de lui faire lever la patte !!!! Et si on la lève....ouh la la !

Le 4, je passe toute l'aprés midi avec les amis de Salernes, qui m'ont si gentiment accueillis à Marseille ! Ils ont réservé leur cabine pour Septembre. Ils m'ont apporté des petits cadeaux et m'emmènent faire des courses, notamment de literie pour que prépare MA cabine. J'y reviendrai !

Laure
Francis

Mon Papa, ma frangine

Le 6 mai, Bernard, mon beau-frère, m'amène ma soeur Patricia et mon petit papa Louis, tellement heureux, ému même (tout comme moi) de voir notre acquisition. 

On va passer une super soirée et ils vont rester dormir. 

Je fais cadeau de mon ancienne annexe à Bernard, pour aller pêcher. il est bien content aussi. 

Bref, on est tous SUPER contents ! 

Toute ma vie, je me souviendrai du fou-rire avec mon père, au moment du coucher, quand il m'a appelé depuis sa cabine, et que je l'ai découvert assis, les bars coincé dans son duvet sarcophage. il y a bien longtemps que je n'avais ri comme ça ! Surtout qu'ensuite, une fois dégagé, il a fait la limace, en se tortillant comme il pouvait pour se coucher. On a eu les larmes au yeux de rire et mal au ventre, tellement on se gondolait ! Mon dieu, que c'était bon !

Après le p'tit dèj', hélas, ils me quittent déjà. 

Moi, j'ai de la couture à faire : Un morceau de la bande anti UV du génois se barre en quenelle ! J'ai pas ma paumelle, mais je me débrouille et, ma foi, le point zig-zag et en...zig-zag, mais certainement bien solide :


Tous les jours, pendant que Dominique et Eric se tapent le sale boulot, je tente de comprendre ce qui est devenu mon bateau, comment ça marche. Je prends en photo, j'étiquette, je vide les coffres, je pose mille questions !

J'apprends à me servir du dessanilisateur qui va me permettre de me passer de "bidonner" l'eau douce ! Et ça, c'est pas dommage ! 

Je fais aussi, accompagné par Dominique, le gros avitaillement pour les 15 jours à venir : 150 rouleaux de Sopalin, 25 kg de pâtes, 10 de riz, 1456 bouteilles de flottes, du PQ en veux-tu en voilà, 45 kg de café, 1 tonne de sucre, etc. 

J'avais deux chariots plein à ras la gueule au super marché de Hyères. Une chose dont je suis sûr : On va pas mourir de faim ! 

Je vous quitte avec les petits Trolls, ramenés de Norvège par ma pauvre maman il y a quelques années, le dernier grand voyage de mes parents, et que j'ai emmené dans ma valise pour qu'ils soient avec moi lors du convoyage ! 

N'oubliez pas de signer pour le référendum anti privatisation des aréroports de Paris, hein ! Moi, c'est fait !

fin de travaux.

Le 7 mai, le bateau est nickel. Dominique, Eric et moi, le ramenons à Port Pin Rolland !

Quand je pense que c'est là-bas qu'on a acheté le premier Troll !!!!

On fait tout au moteur, le nez au vent ( pas bien fort) 

En fin d'aprem', mes nouveaux amis quittent le bord ! Je suis tout seul à bord. mais ça va pas durer longtemps

L'équipage du convoyage

Nous serons cinq, dont moi ! Il y aura Marcus, bien sûr, puis Françoise et Jean-Pierre, nos mentors, qui nous ont tout appris de la voile au siècle dernier, en 1994, quand ils nous ont vendu notre premier bateau ( à lire ou relire ICI - les prémices )

Il y aura aussi Zeff, notre copain breton, patron (et seul employé) d'un magasin de musique à Saint Malo (http://www.accord-majeur.fr ). Il est venu déjà deux fois à bord du vieux Troll et devait venir une troisième fois au printemps ! Ben il va avoir une coque en plus...et du vomi ( j'y reviendrai) 

En attendant, et comme je désire que mes équipiers soient logés comme des princes, je m'arrange pour me faire une cabine perso dans l'atelier, au dessus du moteur tribord

Certes, ça manque un tantinet de longueur, mais, si j'ai une grande gueule, je ne suis pas très grand et, en diagonale, ça le fait ! 

Le 8, Marcus, Françoise et Jean Pierre embarquent. Chacun choisit sa cabine: Marcus pointe Bâbord, Françoise et Jean-Pierre pointe Tribord

Le lendemain midi, Zeff arrive. Il ne choisit pas sa cabine puisqu'il n'en reste qu'une : arrière Bâbord ! 

En moins de 24h, on est au complet !

Quasi aussitôt (en fait, le lendemain matin), j'envoie Zeff en tête de mat, cornaqué par Jean-Pierre, pour changer l'aérien de l'anémomètre, acheté par Eric, mais pas encore posé :

En moins de deux ( c'est beau la jeunesse..et "l'insoutenable légèreté du Zeff"! ), l'aérien est posé ! Youpi ! YAPUCA !

Mes amis du Doubs nous ont amené une bonne(?) bouteille, offerte à l'équipage par leur fille Sylvie. Vous allez comprendre, en regardant l'image, l'objet de mon point d'interrogation :

Je ne me souviens pas du tout de la soirée. Non, ce n'est pas à cause du "VIN DE MERDE" ! C'est parce que ma tête est pleine de chez pleine, que je me sens (déjà) débordé de toute part, que je ne suis pas prêt à appareiller, que les problèmes administratifs, la préparation du nouveau bateau, l'arrivée et l'installation de l'équipage, ma méconnaissance totale de mon cata me mettent quasi "out of order" et me coupe un peu de la joie du moment ! 

C'est quand même dingue d'être comme ça ! Incapable de profiter du moment présent, bouffé par des tas de trucs sans importance, alors qu'il y a des monceaux de choses réjouissantes à portée de main. 

Mais je suis (mal) foutu comme ça ! C'est moi, quoi , et c'est pas toujours formidable d'être Titi ! 

C'est moi aussi qui vais égarer le coupe-circuit du moteur Hord bord lors des pleins de gasoil effectué. Bravo moi, toujours au top ! C'est vraiment le genre de truc pas grave qui me fout hors de moi. 

Bref. 

Du coup, je ne me souviens pas de l'installation à bord de mon équipage, ni la super soirée qui a suivi. Ca m'énerve ! 

Heureusement, Françoise et Jean-Pierre ont tenu, tout au long du convoyage, un journal de nord, auquel je peux me référer dès que j'ai un doute ! ( et j'en ai) 

En attendant, les festivités commencent : par ordre d'apparition

Le pastis et le Muscat et autres patés
Zeff, Marcus et Françoise
Le John Peter
Le ravi de la crêche

Un galop d'essai de...163 milles !

Il ne faut pas trop qu'on tarde ! Le Zeff a un magasin à réouvrir et Marcus un anniversaire de frangine à honorer ! 

Il ne pourront pas rester plus de 10 jours. 

La grand voile est parée pour être hissée.

On décide donc d'essayer le bateau sur le champ. 

Vers 11h, on appareille dans l'idée de s'arréter à Porquerolles et c'est parti :

Comme vous pouvez le constater, il fait beau, mais pas chaud ! 

Le galop d'essai se déroule si bien, que, aprés un petit crocher par Port Cros, que Marcus tenait absolument, et à juste titre, à faire découvrir à Françoise, Jean-Pierre et Zeff

nous décidons, d'un commun accord enthousiaste, de continuer jusqu'en Corse ! 

A tout bientôt pour la suite. 

Et hop, une petite caricature de l'ami Roland de feuch !

Vers le cap Corse

Nous avons donc rallié le cap Corse en guise d'essai. 

Il faut dire que le vent était avec nous et qu'il nous a accompagné, au largue, jusqu'au bout. C'était extrèmement gratifiant d'avoir la GV haute et le génois, une houle conséquente mais pas gênante, puisque venant de l'arrrière. 

On a, toutefois, pu déjà constater que l'annexe était trop basse sur les bossoirs. Là encore, j'y reviendrai. 

Illustrations :


Hélas pour lui, l'ami Zeff a moyennement supporté la découverte des mouvements saccadés d'un cata dans les vagues. Le pauvre, envore si peu amariné en a eu pour son content de nausée. La pose d'un patch, amené par Françoise et Jean Pierre va bientôt résoudre le problème. Heureusement, on ne manque pas de place pour se reposer sur notre Troll

Mais la traverséee fut quand même magnifique, inespérée. Ne pas mettre le moteur en marche entre Toulon et Macinaggio, une grande satisfaction. J'ai découvert le comportement de Notre "chat sauvage" au largue dans une mer formée. Et j'ai beaucoup aimé cela. 

Et , le lendemain, nous voici en vue du cap Corse

Dépression

Nous décidons de mouiller devant le port de Macinaggio. On sait qu'il y aura un peu de vent de Nord cette nuit. Mais la baie est protégée. 
Le ciel est absolument splendide. 

Mais il y a des beautés fatales dont il faut, parfois, se méfier....

Marcus est au téléphone avec Cathy quand celle-ci lui signale qu'on vient de dire à la télé qu'on annonce un avis de fort coup de vent...Sur le cap Corse. 

On se précipite sur la météo, qu'on avait pourtant prise au matin. 

Gloups, on annonce 60noeuds et plus, cette nuit, et force 7 à 8 d'Est pour demain. 

Bien que la nuit soit en train de tomber, on décide aussitôt d'entrer dans le port : 

Je laisse les commandes du barlu à Marcus, me sentant absolument incapable de prendre le quai avec le fort vent traversier déjà levé! 

On se met face à l'Est en prévision du vent de demain et Marcus nous réussit un accostage en douceur. 

Et nous voilà, tranquilles, cloués jusqu'à aprés demain, à l'intéreeur du port de Macinaggio. Il y a bien pire, ma foi. Ma nuit ne sera pas bonne : . L'éolienne fait un potin d'enfer dans ma cabine. Impossible de dormir avec cet avion à réaction Et impossible de la brider, elle est a 3 mètres de haut. Pourtant, après les quarts de la nuit précédente, on a tous besoin d'un peu de repos. 

Photos prises le lendemain matin:


En marchant sur le quai pour aller prendre ma douche. J'entends un " bonjour Thierry", proférée par une voix inconnue, ce dont nous avons presque pris l'habitude avec le vieux Troll. 

Mais, là, à Macinaggio, avec le nouveau bateau...Personne ne peut me connaître ici ! 

C'était un couple tout sourire sur le catamaran voisin. Ils ont ajouté "Nous sommes d'ici à cause de vous."

Et j'apprends bien vite, en montant à leur bord, qu'ils ont été inspiré par le petit monde de troll et que, comme nous en 2006, ils ont tout vendu maison voiture moto pour acheter un magnifique catamaran léopard 38 ( mais vraiment très très beau)  avec lequel ils vont bientôt partir pour les Antilles.

Ils m'avaient posé des questions par mail l'année dernière et, paraît-il, j'avais répondu très gentiment. Il faut dire que je réponds quasi scrupulusement à toutes les demandes ( sauf une, il y a quelques semaines. Un trollonaute qui voulait venir sur le bateau...Impossible de remettre la main sur son message... Du coup, impossible de lui répondre ! Si tu me lis, Trollonaute...désolé !)

Inutile de vous préciser que mon égo, déjà fort développé, s'en est trouvé fort flatté ! 

J'ai, malheureusement, oublié leurs prénoms... Ils faut dire que j'avais si mal dormi que mon enregistreur cérébral devait être un tantinet encrassé ! 

Mais, en revanche, je n'ai pas oublié de leur tirer le portrait :

On a passé une journée tranquille ! Marcus a acheté de quoi pécher. Je lui avoue que j'espère bien qu'il ne prendra rien ou que j'irais me promener sur le pont si, par extraordinaire, il prenait quelque chose ! 

On a vidé le vin de merde pour fêter notre belle traversée. Pas si mal, ce breuvage au nom peu engageant :

Vers Elbe !

vcavalcadesLe vent souffle encore, mais moins fort. Aprsè consultation du bulletin météo, nous dédidons d'appareiller. 

On n'aurait pas du ! 

Car, je vais flipper toute la nav' et Zeff, vomir tout ce qu'il avait à vomir! (il n'avait pas encore son patch!) 

Je vais vous dire un truc : Notre beau beau cata, très bas sur l'eau, n'aime PAS DU TOUT , une houle croisée de plus de 2 mètres !  Ca ne gîte pas, certes, mais ça tape, ça cogne ! On m'avait prévenu, mais c'est la première fois que je le vivais en direct !

A chaque instant de la nav', j'avais l'impression que le bazar allait se disloquer ! C'était totalement débile de ma part, car, en fait, tout allait bien et j'étais le seul à ressentir ça ! J'ai fait peser mon angoisse sur tout l'équipage. Ce qui ne fut pas une partie de plaisir pour eux, ni pour moi. Je me suis rarement senti aussi mal sur un bateau. 

Mes seules excuses sont mon manque flagrant d'expérience sur ce type de bateau, la grande fatigue physique et l'épuisement moral des 7 dernières semaines de cavalcades incessantes pour vendre l'un, le préparer et acheter l'autre et le préparer itou. 

Difficile de retranscrire par l'image l'état de la mer, mais sachez qu'en plus, l'annexe a embarqué de l'eau (j'avais pourtant enléve le bouchon, mais elle conservait quand même beaucoup d'eau d'une vague à l'autre) et qu'un bossoir s'est méchamment tordu! 


Marcus n'a pas pris de poisson. 


Quelques images animées qui ne vont guère vous faire comprendre pourquoi j'avais l'impression que tout allait casser . En les revoyant, même moi, je ne le comprends pas bien. En fait, Troll a remarquablement tenu cette mer, finalement, bien moins hostile que dans mon imagination du moment. 

Allez, ça suffit pour aujourd'hui ! J'ai le mal de mer. 

Place à un nouveau dessin de Roland de Feuch' (celui-ci m'a fait hurler de rire!)  pour retourner à l'accueil :